Si je n'avais pas lu Edward Saïd, je serais orientaliste - لو ما قرأت كتاب إدوارد سعيد لكنت مستشرقة
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Wednesday, 8 August 2012

Watching The English : The Hidden Rules of English Behaviour - by Kate Fox


      «Tea is still believed, by English people of all classes, to have miraculous properties. A cup of tea can cure, or at least significantly alleviate, almost all minor physical ailments and indispositions, from a headache to a scraped knee. Tea is also an essential remedy for all social and psychological ills, from a bruised ego to the trauma of a divorce or bereavement. (...) Perhaps most importantly, tea-making is the perfect displacement activity : whenever the English feel awkward or uncomfortable in a social situation (that is, almost all the time), they make tea. It's a universal rule: when in doubt, put the kettle on. Visitors arrive; we have our usual difficulties over greeting protocol. We say «I'll just put the kettle on». There is one of those uneasy lulls in the conversation, and we've run out of weather-speak. We say, «now, who'd like more tea ? I'll just go and put the kettle on». A business meeting might involve having to talk about money. We postpone the uncomfortable bit by making sure everyone has tea. A bad accident - people are injured and in shock: tea is needed. "I'll put the kettle on». World War Three breaks out - a nuclear attack is imminent. «i'll put the kettle on». You get the idea»
P.312


      «In any case, the Church of England is the least religious church on Earth. It is notoriously wooly-minded, tolerant to a fault and amiably non-prescriptive. To pit yourself down as «C of E» (we prefer to use this abbreviation whenever possible, in speech as well as on forms, as the word «church» sounds a bit religious, and «England» might seem a bit patriotic) on a census or application form, as is customary, does not imply any religious observance or beliefs whatsoever - not even a belief in the existence of God. Alan Brenner once observed, in a speech to the Prayer Book Society, that in the Anglican Church «whether or not one believes in God tends to be sidestepped. It's not quite in good taste. Someone said that the Church of England is so constituted that its members can really believe anything at all, but of course almost none of them do».«So although only 12 per cent, at the last count, will go so far as to call themselves atheists, I think that the former Archbishop's notion of prevailing «tacit atheism» among the English is fairly accurate. If we were real atheists, he and his Church woumd have something to get their teeth into, someone to argue with. As it is, we just don't care enough. (...) Other people are very welcome to worship Him of they choose - it's a free country - but it is a private matter, and they should keep it to themselves and not bore or embarrass the rest of us by making and unnecessary fuss about it. (there is nothing the English hate more than a fuss.)»Pp. 354-356


      This ethnography of England is quite remarkable and fully enjoyable. Neither an academic work that needs to be read 4 times to be understood, or a smallish book tourist-style approach that can be read in 3 hours, it is enjoyably lenghthy and thorough, and you really get the idea of what it means to be English, regardless of the English person's real origins. The social unease, the immense role of humour, the pub rules ... You become aware of the pattern of the english mind, though it's hard to define what is specifically English, since a great many things are common in many countries, it's more about the way of dealing with them, of using them. But somehow the author manages to explain it, and it's really convincing, worth the read, even if you don't plan to visit the country anytime soon ... What I noticed too is that we do have a lot in common, we the french people. In this book we discover our northen english-style half part, all the while realizing that we do have another quite different part, the southern-latin part.



(كتاب لكايت فوكس دكتورة في علم الإنسان وعملت على بلدها إنكليترا لتحقيق ما هي الهوية الانكليزية مثلما عادة يفعلون علماء علم الانسان في البلدان الأجنبية الغريبة بالنسبة للغرب. الكتاب ممتع جدا وأحب الفكرة ان ندرس بلادنا في الغرب بنفس الطريقة نفعلها في البلدانالأخرى ... وحقيقة تكشف وتتعلم أشياء كثيرة عن حياة فكرت أن تعرفها عبر التلفاز والسينما وعن الدورة الاجتماعية للظرفات والسخرية الشهيرة لدى الشعب الانكليز والكحول وهذه الأشياء التي تفكرها غير مهمة)

Saturday, 14 July 2012

Journal de l'AFA

      "- Finalement, l'anthropologie vous a suivi toute votre vie. Est-ce que vous diriez que c'est plus qu'un métier ? Anthropologue c'est une philosophie de vie, un regard sur le monde ?
       - C'est un regard sur le monde bien sûr. J'en parlais hier. La question qu'on me posait était : est-ce que vous êtes étonné du degré de décomposition dans lequel se trouve notre système économique ? Je réponds alors que non parce qu'en tant qu'anthropologue, on n'entretient jamais l'illusion que les sociétés ont une maîtrise absolue sur leur environnement naturel et culturel, sur la manière dont elle font les choses. On sait que les hommes ne trouvent jamais que des solutions très approximatives, qu'il y a beaucoup de choses qui passent à travers les mailles du filet. Donc il ne vous vient jamais à l'esprit en tant qu'anthropologue, comme par exemple à un économiste libéral, de dire que le système capitaliste dans lequel nous sommes est la forme ultime du développement économique et qu'il a atteint le stade de la perfection. Comme vous le savez sans doute, dans certains courants de la pensée économique on prétend que les hommes de comportent de manière "rationnelle", et on veut dire par là : en optimisant l'usage des ressources dont ils disposent, ce qui serait également l'essence du capitalisme, et on en tire qu'il existe une harmonie réelle entre la manière dont les êtres humains sont essentiellement et le système économique dans lequel nous vivons. Avec une formation d'anthropologue je crois qu'on ne parvient jamais à ce type de représentations : l'absurdité de ces raisonnements vous choque.
       - Et aujourd'hui comment vous définiriez-vous ?
       - C'est difficile à dire parce que ce qui s'est passé, c'est que mon livre Vers la crise du capitalisme américain annonçait des événements en disant qu'ils allaient se produire et ... ils se sont produits ! (... )"

p. 345, interview de Paul Jorion par Laura Ferré

      "Au final, c'est en mettant du bon vouloir mais aussi du bon savoir au coeur de nos voyages que nous pourrons demain retrouver le sens de nos pas, ne plus voir mais regarder le monde avec d'autres yeux, ne plus circuler passivement mais rencontrer activement d'autres univers. (...) En cette période de mauvais temps sur le monde, où les replis s'ajoutent aux bassesses, l'urgence de renouer avec soi passe par le détour d'autrui" 

pp.332-333, Aller, venir et devenir anthropologue aujourd'hui, notes de parcours d'un mercenaire du voyage intermittent de l'anthropologie - Franck Michel

       " Les ethnographes sont de plus en plus semblables au chasseur Cree qui (dit-on) vint à Montréal pour témoigner devant une cour du destin de ses territoires de chasse dans le cadre des nouveaux plans hydroélectriques de James Bay. Il devait écrire son mode de vie. Mais une fois sous serment il hésita : "Je ne suis pas certain de pouvoir dire la vérité ... Je peux seulement dire ce que je sais"

p.396, Vérités partielles, vérités partiales, James Clifford


       Un des derniers numéros (126-127) du Journal des anthropologues est très intéressant. "Formations et devenirs anthropologiques" ... On y découvre différentes façons d'apprendre et de faire de l'anthropologie, et tant de différents cursus proposés, et tant de façon d'être anthropologue une fois le(s) diplôme(s) en poche. Suivre le quotidien d'unités de police, travailler dans le milieu psychiatrique, psychanalytique, ou s'intéresser au nouvelles formes du tourisme, ou encore servir de lien, où que ce soit, entre les entreprises, la finance, les ONG et les populations d'ici et d'ailleurs, bref, le boulot "normal" de l'anthropologue, et donc la question de l'anthropologie engagée qui se pose aussi à travers les différents points de vue, et les cas d'anthropologue exerçant d'autre métiers, non employés en tant que tel ... Pour ceux qui veulent en apprendre un peu plus sur le domaine de l'anthropologie, surtout ce qu'il se fait en ce moment, ce numéro me semble être un bon début, en plus des classiques du genre comme "l'anthropologie" de François Laplantine.
       Parfois l'anthropologie me fait penser à une forme de diplomatie à la fois totalisante (parce que touchant à tous les domaines sans exception, et essentielle à grande échelle) et du quotidien (impossible de devenir anthropologue sans être passé par les merveilles et les ennuis du quotidien "autre"), ou peut-être encore plus, mieux, à une entreprise de traduction universelle : faire comprendre le point de vue d'un tel dans le langage d'un autre, quelque soit ce langage, au sens large. 
       J'ai temporairement arrêté les études d'anthropologie, mais une reprise ne saurait tarder, je l'espère ... Enfin, ai-je vraiment jamais arrêté d'utiliser mes cours et mes livres pour observer mes alentours ?