Si je n'avais pas lu Edward Saïd, je serais orientaliste - لو ما قرأت كتاب إدوارد سعيد لكنت مستشرقة
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Wednesday, 18 April 2012

"Le malheur de chacun coûte plus cher que le bonheur de tous" ... ( devinez lequel a eu cette jolie phrase dans un de ses clips de campagne ).

Il faudra bien aller voter, dimanche, même si on sait que le vrai pouvoir est à la bourse, et non pas à l'Elysée ... Ha, si on pouvait élire les traders et les patrons de banques et de sociétés de finances !
En attendant, une chose que les politiques auraient le pouvoir de faire pour de vrai serait de comptabiliser les votes blancs comme distincts des abstentions ...

Saturday, 7 April 2012

Memories (1) - Egypt

     Asleep in the tourist bus, brand new and air-conditionned against the heavy temperatures of the country. Heavy for us tourists not used to egyptian weather, even though it was a nice spring. We were being taken from a tourist site to another, we had just passed by Hatshepsut's funeral site. We were now passing by a very poor neighbourhood. I was asleep because we woke up early and stayed up late, in order to be able to take all of what we could of the country in this very small week of holidays. And so, wanting to take all in, I slept through most of our coming and goings, thus missing whole sceneries adn views ...
     During this particular trip, I don't know why I woke up very briefly, thinking that maybe I was yet again missing out on something great. The bus was fast, and just as I opened my eyes, for 2 seconds, I found myself staring at a boy, less than a meter or two from me, behind the window, out in the street or what was passing for a street (a length of dirt flater than elsewhere), the upper half of his body down a roadside bin, with a goat beside him also head in the bin, both awfully skinny, skeletons of a human and a goat respectively, both looking through the garbage, obviously looking for anything that could be eaten. The boy got out of the bin just as the bus rode by with me in it, looking straight at us though not really seeing us, but it felt as if he was staring back at me, precisely me and no one else. 
     It was living scene of extreme misery, but what shocked me even more was this stare, his eyes. Where any one of us could have expected to find some pleading or sadness or anger or some strong emotion «fitting» with what we were seeing, I found nothing but calm. A calm look, serene, with maybe a hint of interrogation, and not even curiousity. Rich tourists passing by were a daily occurrence to this boy, just as not finding food and no clean clothes to put on. So we didn't deserve curiosity or anything else. He just happened to hear the noise of the bus, wondering if he was too close to the road, so he just glanced at the bus' curving trajectory. In that glance, for a quarter of a second that seems an hour in my memory, I saw this incredible stare of a starving boy in the middle of nothing but old houses and dirt. It disturbed me much more than any TV news I had seen on poverty or any other sort of subject usually linked to the «third world», the majority world I had never seen up until that moment, this unexpected holidays in Egypt I spent when I was 16, with my godfather and his family.
     I discovered at that moment that the rest of the world didn't need us, and especially didn't need pity or tears or the like, and possibly could be better off without us. That the rest of the world was staring back at us as an equal, and possibly a «stronger» equal in that it had not much too lose, unlike us, the rich tourists who couldn't survive a mild springtime without air conditioning.
     The boy didn't need pity. He needed food, but didn't ask for it, he was looking for it by himself. And wondering how to come by it, and how things came that rich tourists were passing by his village everyday. And maybe how all this could be changed. Unless that is what I wanted him to think, when it's more plausible he was being fatalistic, thinking that the only thing that was within his grasp was to look for food in trash bins. But then that too, could be only what an intellectual would like to think, that all arabs are fatalistic ...
    What was behind these eyes, I'll never know for sure, but I discovered a whole new world, less than a meter or two from me. I remember this boy more clearly now than the pyramids or anything else in Egypt.

  بالعربية هنا

Saturday, 24 December 2011

Quand on est fauché ...

... Il existe un système de cadeaux sympa : que chaque personne présente achète un seul cadeau, sans savoir à qui il est destiné, donc il suffit de trouver quelque chose d'assez général, ce qui permet aussi de ne pas se torturer les neurones sur quel objet pourrait convenir a quelle personne ... Là le seul critère nécessaire et suffisant étant la généralité. On peut faire du fun si on veut, si on est sûr de l'ambiance ... Ou pas d'ailleurs.
Bref, donc une fois que chacun a acheté et emballé son cadeau, on les mets tous sous le sapin ou autre si c'est pas Noël, on leur colle chacun un bout de papier avec un numéro, et on met un double de ces bouts de papiers, avec les mêmes numéros dans un chapeau ou n'importe quel récipient qui se trouve sous la main, et voilà, on fait une séance de pioche aux numéro, celui qui tire le bout de papier numéro 7 prend le cadeau étiquetté numéro 7 ...
Ce qui est un bon système puisqu'au lieu de mettre peu d'argent dans une mulitutde de cadeaux, on peut se permettre de mettre un peu plus cher, pour un seul cadeau, et du coup tout le monde est à peu près assuré d'avoir un cadeau valable au bout de la soirée ... Bref, joyeuses fêtes !

Sunday, 20 November 2011

لنا نحن اهل اليالي القديمة عاداتنا
في الصعود الى قمر القافية
نصدق احلامنا ونكذب ايامنا

(محمود درويش)


(Nous avons, nous les habitants des nuits anciennes, nos habitudes dans l'ascension vers la lune de la rime,
Nous croyons nos rêves et démentons nos jours)

Monday, 7 November 2011

Citation du jour

     "La plus grande part de controverses qui embarrassent l'humanité dépend de l'usage douteux et incertain des mots et du caractère indéterminé des idées qu'ils désignent".
John Locke, Essai sur l'entendement humain

     Voilà quelqu'un de doué, voilà résumé la cause de tant de débats inutiles, si longs ... ou de simple malentendus : premier matin à Lyon, je vais à la boulangerie, et comme on peut s'y attendre dans une boulangerie, je demande un pain. La vendeuse me regarde : "une baguette ou une flûte, que vous voulez?" ... J'ai demandé la baguette, n'ayant aucune idée de ce que pouvais être une flûte sinon un instrument de musique. Un an plus tard, j'ai compris : flûte = pain. 
     Et encore ça c'est rigolo. Mais imaginez si on prend un mot comme "laïcité", "démocratie", "liberté", "religion", "politique", sans parler des stars "islam", "sharia", "intervention militaire/humanitaire" ... Comment voulez vous que ça aille bien, si on est déjà pas d'accord sur le mot pour désigner du pain ? ( et dans une seule et même langue ! )

Tuesday, 14 June 2011

A-t-on à ce point là besoin du "e" ?




Je n’ai rien contre les luttes féministes, bien au contraire ( même si le type le plus répandu de féminisme que l’on trouve en France ne me plaît guère ), mais il y a certaines «luttes» qui ne me paraissent rien de plus qu’un délire inutile, par exemple, la féminisation des noms. Je ne supporte par qu’on dise d’une femme écrivain qu’elle soit «écrivaine». Peut-être est-ce ma culture, trop ancrée dans le patriarcat, dont je ne peux me défaire pour ces mots-là, mais pour moi ce genre de détail dessert plus qu’il ne sert les luttes, les vraies, féministes ( égalité de salaires, etc ). C’est comme si on mettait un accent, une insistance sur le fait que cette personne là est femme, avant d’être écrivain, alors que pour un homme on fera plus attention à ce qu’il soit un écrivain, avant d’être un homme. Pourquoi ne pas prendre comme définition standart «écrivaine», y compris pour désigner les hommes écrivains ? Ca c’est parce qu’on est, français, faits d’une culture à tendance patriarcale, c’est notre héritage, quoi qu’il se passe. A quoi cela servirait d’effacer l’histoire ? Le matriarcat est-il tellement plus enviable ? Autre discussion.

Bref, le mot de base est «écrivain», mais son utilisation est devenue neutre, neutre masculin certes, mais neutre depuis qu’il y a aussi des femmes écrivains. Alors pourquoi ne pas continuer dans cette voie là, la voie de la neutralisation des noms ( qui ne seront pas plus neutres si on les féminise ), pour que quand on présente un écrivain, on se foute qu’il soit homme ou femme, on s’occupe tout d’abord de ce qu’il est écrivain avant tout. C’est là pour moi un vrai argument féministe : faire en sorte qu’on ne se préoccupe pas du sexe de la personne qui occupe tel ou tel métier. Le métier a un seul nom, écrivain, et c’est tout. Hommes et femmes peuvent faire ce métier, sans restriction, sans discrimination. Faire un mot différent pour les femmes, n’est-ce pas quelque part en faire une métier différent, et ainsi accentuer quelque chose, la différence ( qui mène malheureusement trop vite à la discrimination dans ce genre de cas ), que le féminisme se tue à dépasser ? Un homme et une femme sont différents, certes, mais un homme qui écrit et une femme qui écrit font exactement la même activité, alors pourquoi utiliser deux mots différents ? Un seul suffit, écrivain. Notre histoire a voulu que ce mot soit masculin, soit, mais c’est de l’histoire, il faut la connaître et l’assumer pour mieux la dépasser, et passer à autre chose.