Si je n'avais pas lu Edward Saïd, je serais orientaliste - لو ما قرأت كتاب إدوارد سعيد لكنت مستشرقة

Saturday, 1 September 2012

Vacances en Toscane ...



- Partir à cinq adultes en Fiat Punto : il faut être inconscient ou simplement con pour penser cela faisable. Ou alors, comme nous, avoir une médaillée d'or de la tétris de bagages. Ou comment savoir utiliser littéralement chaque centimètre carré de libre dans la dite voiture ...

- Avoir de la famille là bas : on se dit «cool, on part en vacances, on va être tranquilles sans voir personne». C'est oublier qu'il y a, effectivement, toute la famille là bas, c'est à dire le 95% qui n'a pas émigré en France. Donc voir personne, ca ne marche pas. Mais c'est quand même des vacances : la même chose qu'en France, mais en italien (et croyez-moi, ça change tout !)

- Août 2012 : on voulait du soleil, après un été intégralement pluvieux. On l'a eu. Il n'a pas plu en Toscane depuis plus de trois mois. Sécheresse, plus de 40° tous les jours, la nuit rarement en dessous de 20°. Il faut pouvoir tenir le choc, dans un appartement dans climatisation. (heureusement, l'appartement est aussi situé en montagne).

- Dépaysement : en fait, c'est comme un pays arabe, mais avec plus de sous, moins de guerres, et plus d'eau (enfin, les autres années oui). Moins de déserts aussi. Quoi qu'on en dise, les cultures méditéranéennes sont suffisament similaires pour qu'on en parle au singulier.

- En Italie, la mozarelle de buflonne et les glaces sont moins chères qu'en France. Les pizzas aussi. Programme bouffe annoncé ...

- La Toscane, mieux qu'une musée : tout est vieux et chaque pierre a son laïus plus ou moins multi-centenaire, mais à la différence d'un musée, ça vit. Les gens y habitent et mènent leur vie quotidienne. Etrangement on a plus l'impression de vie là bas que d'autres régions «historiques», alors que sur le plan démographique le pays se meurt ...

- En Toscane, fidèles au cliché, les gens parlent fort et avec leurs mains. On a enfin l'impression d'être normaux.

- Au restaurant-pizzeria classieux au milieu de la vallée pleines d'oliviers, la serveuse t'engueule presque quand elle voit que tu ne finis pas les plats. «ben quoi, c'est quoi ces restes ? Vous avez pas faim ? C'est pas bon ou bien ?». Mais c'est normal, c'est la forme de politesse du coin.

- En Italie, les pâtes (bolognaise ou autre) est un des plats d'entrée, rien d'autre. On l'oublie toujours, jusqu'à ce que la maîtresse de maison ramène la suite : les viandes, les patates et les légumes.

- La déco intérieure des maisons, c'est comme dans les pays arabes : souvent dépouillé et kitsch à la fois. Y compris une certaine persistence de la «bondieuserie»*, version catholique. Tout un art.

- En Italie, les gens tendent à vivre dans d'énormes maisons à plusieurs générations - une par étage en général. De l'arrière grand-père aux petits enfants, de façon patrilocale (la femme vient vivre dans la famille de son mari).

- La Toscane, ça ressemble à la Palestine : des collines et des oliviers partout.

- Fait linguistique étrange constaté : quand un italien te parle, tu ne comprend pas (toujours). Quand trois italiens te parlent en même temps, tu comprends (beaucoup plus).

- En Toscane, j'ai découvert que la famille de mon père et leur nom, assez banal dans le coin, remontait à une ancienne famille noble du 12-15ème siècle qui vivait dans un village-château dont il ne reste que des ruines. Et un blason ! Pour nous fans du moyen-âgeux, et moi qui peint des fresques, des emblèmes et des blasons sur les murs quand l'envie m'en prend, c'est une découverte motivante ... 



* «bondieuserie» : sans les guillemets, nom péjoratif désignant toute sorte de manifestations de pratique religieuse. Avec les guillemets je voudrais donner un sens plus neutre, désignant effectivement des manifestations de type religieux, ou plutôt ces restes, souvent des objets, qui sont universels, qui relèvent plus du porte-bonheur ou de l'amulette, ou même de simple trait culturel (la personne les possédant pouvant ne pas être religieuse du tout) et esthétique. En Italie on accroche des images de la Vierge comme d'autres mettent des citations philosophiques ou bouddhistes. La personne concernée peut tout à fait voter communiste aux élections sans y trouver de contradictions ...

Wednesday, 29 August 2012

Badawi - de Mohed Altrad


(éditions Actes Sud, collection Babel)

       "Tu est un Badawi. Comme ton père, et le père de ton père, et tous ceux qui, avant lui, ont traversé le désert. Si tu n'écoutes pas ton histoire, tu seras aussi léger qu'un nuage dans le ciel, tu ne pourras jamais te poser, aussi léger qu'une plume que le vent emporte au loin." P.27

       "- pourquoi veut-il appeler un menteur ?- Parce qu'il ne sait pas ce que veut dire un avocat ! Tu vois, là-bas, l'homme au chapeau en face de lui ? C'est le procureur. Il vient de terminer sa plaidoirie. Le Bédouin conteste. Il croit assister à un concours de menteurs et il demande à choisir son champion" P.85 

     "Il lui semblait même qu'elle prenait plaisir à leur conversations, souvent prolongées, devant la porte de sa maison. Ce devait être cela, l'amour idéal dont parlait les soufis. Se plaire dans la compagnie de quelqu'un. Mêler ses joies, ses apsirations les plus profondes, être dans une communion lumineuse." P.108-109 

     "D'une certaine manière, on pouvait dire de Qaher qu'il avait retrouvé le désert. Mais en fait, le désert n'était pour lui qu'une donnée secondaire de sa nouvelle situation. Lui importait avant tout ce qu'il avait trouvé au bout de la route : l'immense complexe pétrolifère. Immédiatement, il en avait senti la puissance. Une puissance tangible, massive, intense, qui pliait à son service des milliers d'êtres et de machines et les faisait travailler en rythme, dans la même direction, en ébranlant le sol. Enfant, il avait soupçonné l'existence de cette puissance dans le ronronnement mécanique du camion de son père, la lumière des lampes à pétrole dont celui-ci inondait ses invités pour leur imposer le respect et étaler sa richesse, le fracas du chantier de construction du palais de justice de Raqqah, où la justice se comptait en billets de banque. Il avait découvert, ici, combien elle était supérieure à tous ses rêves. Organisée, planifiée, efficace, enfin restituée à elle-même, elle s'était révélée capable d'araisonner la terre, de pénétrer dans ses entrailles. Il avait goûté cette puissance. Depuis huit mois il y collaborait. Elle l'avait investi. Il était une part de cette puissance. Chaque joue un peu plus" P. 198-199

     "Il était resté longtemps à contempler les derricks noircis par la fumée, désormais inactifs. Il avait cherché à retrouver ce goût de puissance qui l'avait saisi quand tout était encore en activité. (...) Tous ces milliers d'hommes et de machines qu'il avait imaginés, travaillant au même rythme, dans la même direction, ébranlant le sol, étaient absents, ils avaient disparu exactement comme s'ils n'avaient jamais existé. Aussi vaine, aussi mensongère, cette puissance, que celle à laquelle ils s'était heurté, enfant, quand il avait dû affronter l'incompréhensionde sa grand-mère, le mépris de son père, aussi trompeuse que le fracas du chantier de construction après qu'il eût assisté au jugement de son jeune oncle. Il était reparti, indifférent à cette chose morte, indifférent à son sort.» 
p.239

      «Le désert, c'était l'hostilité que l'on devait vaincre, il fallait ne l'avoir jamais connu pour croire qu'il fût autre chose. Les bédouins avaient tiré toute leur force de leur lutte contre le désert, certainement pas de sa douceur. Ils l'avaient dompté à leur manière, mais savaient qu'il restait aussi dangereux qu'un serpent endormi.»P.204



      Très beau roman, ou plutôt autobiographie romancée, si l'on lit la page Wikipédia de l'auteur. La vie incroyable de cet enfant bédouin et orphelin qui finit par devenir ingénieur, dans le livre, et à la tête d'une multinationale dans la vraie vie. Très bien écrit, j'y ai lu clairement ce que j'ai pu percevoir du désert les rares fois où je m'y suis trouvée. Et ce qui m'y attire. 
        Une enfance malheureuse au fin fond de la Syrie, un orphelin de mère qui se trouve rejeté par son père et par la société du fait d'être bédouin, mais fasciné par le jeu des puissants (comme le juge qui condamne injustement son oncle), sa volonté peu commune le fait aller envers et contre tout à l'école, puis en France pour les études, puis sur les champs de pétrole dans le Golfe ... En quittant la Syrie il pense pouvoir quitter son passé et le désert, même son amour d'enfance. Mais il ne quitte que la Syrie, le désert le poursuit, et son ancienne amoureuse Fadia le retrouve. Malheureusement, et c'est le seul point négatif que je trouve au livre, il ne saura pas combler les attentes de Fadia qui repart, rêves brisés. Pourtant ce n'était pas très dur de donner une belle fin à ce livre : le héros réalise qu'il aime encore Fadia, contrairement à ce qu'il s'était imaginé, il aurait pu tout simplement aller la chercher en Syrie, pour mieux repartir avec elle vers d'autres horizons. Mais non, il lui écrit une lettre d'adieu. Je n'ai jamais vraiment compris l'intérêt de faire des histoires d'amour tristes quand une fin heureuse aurait pu être si évidente et simple comme dans ce livre ... 
       Bref, donc une belle surprise, une magnifique histoire du style "rêve américain" mais écrite simplement, sobrement, discrètement, sans vantardise ni leçons de morale, l'histoire d'une vie hors du commun de quelqu'un qui s'est choisi un destin parce que la vie ne lui avait pas laissé grand chose d'autre que la volonté et ce qu'il appelle la "ruse" ... On comprend finalement qu'il n'a peut être pas tant choisi ce destin que ce destin de l'a choisi : sans famille, sans attache, contrairement aux autres enfants qu'il côtoyait, que pouvait-il faire d'autre que partir au loin ?



(كتاب مثير للانتباه : الكاتب هو بدوي من سورية الذي عاش حياة قاسية هناك ومعانات مختلفة لكونه يتيم وبدوي وكافح وذهب إلى المدرسة مع أن لا أحد شجّعه على ذلك ومع الدراسة الذي دفعته إلى الجامعة في فرنسا أصبح هذا الرجل مدير لشركة كبيرة أسسها وهو الآن أحد من أغنى الأشخاص في فرنسا. لا أعرف إن كان ذلك الكتاب مترجما الى العربية ... قصة حقيقية مكتوبة بأسلوب جميل غير الأسلوب المفخم المضجر يستعمله كثيرا المؤلفون الأميريكيون في الصيرات الذاتية الناجحة مثل ذلك القصة) 

Thursday, 16 August 2012

لم يكن هنالك طريق
دائمًا كانت هنالك خطوات تبتكر طريقًا

(من كتاب "زوج حذاء لعائشة" لنبيلة الزبير ... مقالة عنه فيما بعد)

Version arabe de "No hay camino, hay que caminar" ( il n'y a pas de chemin, il n'y a qu'à marcher).
Je ne sais pas d'où cette phrase vient, mais le compositeur Luigi Nono semblait l'utiliser dans ses master class ... J'ai toujours entendu mes parents la répéter de temps à autre. La retrouver par hasard dans une autre langue, dans un roman, provoque ce genre de petit plaisir que l'on a de découvrir des connections inattendues entre univers différents.

Wednesday, 8 August 2012

Watching The English : The Hidden Rules of English Behaviour - by Kate Fox


      «Tea is still believed, by English people of all classes, to have miraculous properties. A cup of tea can cure, or at least significantly alleviate, almost all minor physical ailments and indispositions, from a headache to a scraped knee. Tea is also an essential remedy for all social and psychological ills, from a bruised ego to the trauma of a divorce or bereavement. (...) Perhaps most importantly, tea-making is the perfect displacement activity : whenever the English feel awkward or uncomfortable in a social situation (that is, almost all the time), they make tea. It's a universal rule: when in doubt, put the kettle on. Visitors arrive; we have our usual difficulties over greeting protocol. We say «I'll just put the kettle on». There is one of those uneasy lulls in the conversation, and we've run out of weather-speak. We say, «now, who'd like more tea ? I'll just go and put the kettle on». A business meeting might involve having to talk about money. We postpone the uncomfortable bit by making sure everyone has tea. A bad accident - people are injured and in shock: tea is needed. "I'll put the kettle on». World War Three breaks out - a nuclear attack is imminent. «i'll put the kettle on». You get the idea»
P.312


      «In any case, the Church of England is the least religious church on Earth. It is notoriously wooly-minded, tolerant to a fault and amiably non-prescriptive. To pit yourself down as «C of E» (we prefer to use this abbreviation whenever possible, in speech as well as on forms, as the word «church» sounds a bit religious, and «England» might seem a bit patriotic) on a census or application form, as is customary, does not imply any religious observance or beliefs whatsoever - not even a belief in the existence of God. Alan Brenner once observed, in a speech to the Prayer Book Society, that in the Anglican Church «whether or not one believes in God tends to be sidestepped. It's not quite in good taste. Someone said that the Church of England is so constituted that its members can really believe anything at all, but of course almost none of them do».«So although only 12 per cent, at the last count, will go so far as to call themselves atheists, I think that the former Archbishop's notion of prevailing «tacit atheism» among the English is fairly accurate. If we were real atheists, he and his Church woumd have something to get their teeth into, someone to argue with. As it is, we just don't care enough. (...) Other people are very welcome to worship Him of they choose - it's a free country - but it is a private matter, and they should keep it to themselves and not bore or embarrass the rest of us by making and unnecessary fuss about it. (there is nothing the English hate more than a fuss.)»Pp. 354-356


      This ethnography of England is quite remarkable and fully enjoyable. Neither an academic work that needs to be read 4 times to be understood, or a smallish book tourist-style approach that can be read in 3 hours, it is enjoyably lenghthy and thorough, and you really get the idea of what it means to be English, regardless of the English person's real origins. The social unease, the immense role of humour, the pub rules ... You become aware of the pattern of the english mind, though it's hard to define what is specifically English, since a great many things are common in many countries, it's more about the way of dealing with them, of using them. But somehow the author manages to explain it, and it's really convincing, worth the read, even if you don't plan to visit the country anytime soon ... What I noticed too is that we do have a lot in common, we the french people. In this book we discover our northen english-style half part, all the while realizing that we do have another quite different part, the southern-latin part.



(كتاب لكايت فوكس دكتورة في علم الإنسان وعملت على بلدها إنكليترا لتحقيق ما هي الهوية الانكليزية مثلما عادة يفعلون علماء علم الانسان في البلدان الأجنبية الغريبة بالنسبة للغرب. الكتاب ممتع جدا وأحب الفكرة ان ندرس بلادنا في الغرب بنفس الطريقة نفعلها في البلدانالأخرى ... وحقيقة تكشف وتتعلم أشياء كثيرة عن حياة فكرت أن تعرفها عبر التلفاز والسينما وعن الدورة الاجتماعية للظرفات والسخرية الشهيرة لدى الشعب الانكليز والكحول وهذه الأشياء التي تفكرها غير مهمة)

Monday, 30 July 2012

«le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n'est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.»

Victor Hugo, 17 juin 1878

Saturday, 14 July 2012

Journal de l'AFA

      "- Finalement, l'anthropologie vous a suivi toute votre vie. Est-ce que vous diriez que c'est plus qu'un métier ? Anthropologue c'est une philosophie de vie, un regard sur le monde ?
       - C'est un regard sur le monde bien sûr. J'en parlais hier. La question qu'on me posait était : est-ce que vous êtes étonné du degré de décomposition dans lequel se trouve notre système économique ? Je réponds alors que non parce qu'en tant qu'anthropologue, on n'entretient jamais l'illusion que les sociétés ont une maîtrise absolue sur leur environnement naturel et culturel, sur la manière dont elle font les choses. On sait que les hommes ne trouvent jamais que des solutions très approximatives, qu'il y a beaucoup de choses qui passent à travers les mailles du filet. Donc il ne vous vient jamais à l'esprit en tant qu'anthropologue, comme par exemple à un économiste libéral, de dire que le système capitaliste dans lequel nous sommes est la forme ultime du développement économique et qu'il a atteint le stade de la perfection. Comme vous le savez sans doute, dans certains courants de la pensée économique on prétend que les hommes de comportent de manière "rationnelle", et on veut dire par là : en optimisant l'usage des ressources dont ils disposent, ce qui serait également l'essence du capitalisme, et on en tire qu'il existe une harmonie réelle entre la manière dont les êtres humains sont essentiellement et le système économique dans lequel nous vivons. Avec une formation d'anthropologue je crois qu'on ne parvient jamais à ce type de représentations : l'absurdité de ces raisonnements vous choque.
       - Et aujourd'hui comment vous définiriez-vous ?
       - C'est difficile à dire parce que ce qui s'est passé, c'est que mon livre Vers la crise du capitalisme américain annonçait des événements en disant qu'ils allaient se produire et ... ils se sont produits ! (... )"

p. 345, interview de Paul Jorion par Laura Ferré

      "Au final, c'est en mettant du bon vouloir mais aussi du bon savoir au coeur de nos voyages que nous pourrons demain retrouver le sens de nos pas, ne plus voir mais regarder le monde avec d'autres yeux, ne plus circuler passivement mais rencontrer activement d'autres univers. (...) En cette période de mauvais temps sur le monde, où les replis s'ajoutent aux bassesses, l'urgence de renouer avec soi passe par le détour d'autrui" 

pp.332-333, Aller, venir et devenir anthropologue aujourd'hui, notes de parcours d'un mercenaire du voyage intermittent de l'anthropologie - Franck Michel

       " Les ethnographes sont de plus en plus semblables au chasseur Cree qui (dit-on) vint à Montréal pour témoigner devant une cour du destin de ses territoires de chasse dans le cadre des nouveaux plans hydroélectriques de James Bay. Il devait écrire son mode de vie. Mais une fois sous serment il hésita : "Je ne suis pas certain de pouvoir dire la vérité ... Je peux seulement dire ce que je sais"

p.396, Vérités partielles, vérités partiales, James Clifford


       Un des derniers numéros (126-127) du Journal des anthropologues est très intéressant. "Formations et devenirs anthropologiques" ... On y découvre différentes façons d'apprendre et de faire de l'anthropologie, et tant de différents cursus proposés, et tant de façon d'être anthropologue une fois le(s) diplôme(s) en poche. Suivre le quotidien d'unités de police, travailler dans le milieu psychiatrique, psychanalytique, ou s'intéresser au nouvelles formes du tourisme, ou encore servir de lien, où que ce soit, entre les entreprises, la finance, les ONG et les populations d'ici et d'ailleurs, bref, le boulot "normal" de l'anthropologue, et donc la question de l'anthropologie engagée qui se pose aussi à travers les différents points de vue, et les cas d'anthropologue exerçant d'autre métiers, non employés en tant que tel ... Pour ceux qui veulent en apprendre un peu plus sur le domaine de l'anthropologie, surtout ce qu'il se fait en ce moment, ce numéro me semble être un bon début, en plus des classiques du genre comme "l'anthropologie" de François Laplantine.
       Parfois l'anthropologie me fait penser à une forme de diplomatie à la fois totalisante (parce que touchant à tous les domaines sans exception, et essentielle à grande échelle) et du quotidien (impossible de devenir anthropologue sans être passé par les merveilles et les ennuis du quotidien "autre"), ou peut-être encore plus, mieux, à une entreprise de traduction universelle : faire comprendre le point de vue d'un tel dans le langage d'un autre, quelque soit ce langage, au sens large. 
       J'ai temporairement arrêté les études d'anthropologie, mais une reprise ne saurait tarder, je l'espère ... Enfin, ai-je vraiment jamais arrêté d'utiliser mes cours et mes livres pour observer mes alentours ?

Tuesday, 3 July 2012

ما رأيكم في شكلي الآن ؟ ـ رندة عبد الفتاح

كتاب للمراهقين ...على يد كاتبة استرالية من أصل فلسطيني وتحكي عن الحياة اليومية لمراهقة مسلمة في هذا البلاد
هنا مقاطع تعبر لأي مختبرات للمهاجرين في البلدان الغربية 

 :من احدى صديقات البطلة
لا! يستحيل أن تجبرني. إنها فقط دائمة الضغط علي بخصوص اهتمامي بالدراسة, وعدم تفكيري في الاستقرار. إنه أمر غريب, لأن بنات أخوالي وخالاتي في تركيا جميعهن في الجامعة, وآباؤهن وأمهاتهن سيصابون بنوبة قابية لو أرادت إحدى البنات الزواج قبل اكمال دراستها. عاشت ماما هنا كل هذه السنوات بتقاليد قريتها وبقيت معلقة بحتال الزمان, بينما تطور جميع إخوتها وأخواتعا

هذا أمر تجدها في كل مكان ـ حيث المهاجرين أكثر تقليديين من الناس الباقيين في البلاد ...


وهذا مقطع واقيعية بالنسبة لي لأنه مثلها لا أحب الحفلات كثيرا :

تقريبا في عطلة نهاية كل أسبوع يقيم أحدهم حفلة. أكون مدعوة عادة وحضرت مرتين مثلا, ولكن, بصدق, لا يكون الامر مسلياً إذا كنت لا تشرب.عندما تكون في وعيك لا تصير النكات مسلية, وعليك أن تتظاهر بأنك في حالة ضحك هيستيرية عندما يفطس الكل من الضحك بسبب أن ورقة شجرة حطت على حذاء أحدهم أو أي شيء من هذا القبيل


هذا يعيدني الى السنة عشتها في أستراليا, في نفس المنطقة حيث تقع هذه القصة. لو كنت مراهقة نفسي لكنت أتمتع قراءة هذا الكتاب أكثر ولكن شيء جيد أن يباع بشكل وسيع بالانكليزية من أجل أن الغربيين غير مسلمين يكتشفون أن حياة المسلمين عد
ادية جدا مثل حياتهم .... وجيد أيضا أن تترجم الى العربية ليكتشف العرب الحياة العادية للمراهقين في الغرب


أخير مقطع, عن مسألة تجذب اهتمامي وحتى اليوم لا أعرب على أي جانب أكون ...

ـ كيف ستعرفين أن هذا هو مَن تحبين إذا لم تعرفي شاباً أبدا ؟ ولم تقبِّلي شابًّا أبدا حتى ؟
ـ لا توجد وصفة طبية للحب ! إذا تعرفت على عشرة أشخاص, كل مرة تختلف عن الأخرى, وكل مرة سأفكر أنها مجازفة. وعندما ألتقي أخيرا بشخص ما, سأكون ما زلت أواجه أكبر مجازفة في حياتي, غير أن عشر تجارب أخرى لن تخبرني ما إذا كان هذا الشاب هو الشخص المناسب. كل شخص هو ...فريد جدا, ولا ينبغي أن يتم الحكم عليه مقارنة بعشرة آخرين
ـ ذاك هراء ! تحتاجين إلى التجربة ! كيف ستعرفين الشخص المناسب إذا لم تعرفي الشخص السيئ ؟
ـ إذن عليَّ أن أسقط كي أعرف كيف أمشي ؟
ـ نعم
ـ حسن, لا أعتقد ذلك

يقفز من على الطاولة ويذرع المكان جيئةً وذهابًا بغضب :

ـ إذن ما تقولينه أننا جميعا فاسقون ووضيعون وأنت فوق ذلك ؟
ـ مذا ؟ لا ! لم أقل ذلك ! لماذا تفكر هكذا ؟ ابنة خالي مع رفيقها منذ عامين الآن. أحبهما كثيرا, لن أفكر بسوء فيهما أبدا. مذا تظنني ؟ واحدة وتنظر إلى الآخرين باحتقار فقط لأنني أؤمن بشيئ  مختلف ؟

لا يقول شيئًا, يهز كتفيه ويزوم وحسب.
ـ لماذا عندما أؤمن بشيء مختلف أكون أنا التي تحكم عليك ؟ ماذا عنك وأنت الذي تحكم عليَّ ؟ لماذا يكون الأمر مزعجا جدا بالنسبة إليك أن يكون هناك أشخاص لا يمارسون الجنس قبل الزواج ؟ أو أن هناك مَن لا يفعلون الشيء الجسدي ؟ مَن يهتم ؟ أليس هذا شأني ؟ أم أن ذلك غريب جدا عليك لتتقبله ؟ واضح أنني أنا التي تقول لك "إذا كنت تحبني افعل ما أريد" يا له من منطق يا آدم


أخيرا أريد أن أقول كم أنا سعيدة بمشروع نشر الكتب ل"بلومسبري ـ مأسسة قطر" لأن فضلا لهم يمكننا الاوروبيين أن نجد كتب بالعربية على موقع الانترنت "أمازون" و في بعض المكتبات للغات الاجنبية ... وهذا الكتاب من هذه المشروع. آمل أن ينشرون كتب أكثر 
في المستقبل ...


(about the book by Rand abdelfattah "Does My Head Look big In This" translated recently in arabic)