Si je n'avais pas lu Edward Saïd, je serais orientaliste - لو ما قرأت كتاب إدوارد سعيد لكنت مستشرقة

Monday, 26 September 2011

Rediscovering the other ... Jordan

Not the country this time,  but the pseudonym of the Wheel of Time's author, Robert Jordan.
I discovered this series of books 8 years ago while I was in Australia, living a year abroad in high school, and come the third book I was thouroughly taken up by the story ( yes, it takes time and a lot of pages for me to decide if a book(s) is worth continuing ) ... The first two books didn't uterly convince me, particurlaly the first one, because to my eyes of the ever Tolkien fan, it was too much inspired from the Lord of the Rings to b original ( and so, interesting ). Wether it was conscious or unconscious, when I reread the first book 3 weeks ago, I definitely found several scenes much alike to Tolkien's book. But Robert Jordan, like Ken Follett, being an even better scenario-writer ( is there a particular word for this job ? ) than novelist, you have a hard time putting the book down.
To love Tolkien, you have to be patient and of a contemplative nature ( or lover of the beautiful sentence, nostagia, etc ... as I am ), and then you're gripped by the story, and to love Jordan you just have to open the book. It's not the best written book I've read, but it's one of the more efficient. And the story is complex, and at last you get a fantasy world that draws from all kinds of imaginaries : you find reminders of chinese civilisation, or arab people, or ... but all well blended and worked into original people and characters so as not to be a mere "copy-paste" of our world.
Anyway, I'm re-reading it now that I'm sure the story approaches the end ( sadly without Jordan to do it, but the one they picked up, Sanderson, looks really good to me ), so that I won't have to wait another 8 years to know it ... And to anyone who never heard of it, or just heard and didn't read, whatever litterature you usually like, two words : read it !

Thursday, 18 August 2011

Best follow up to Orientalism ...

...I found up until now. And it's called The new orientalists by Ian Almond. It gave me a whole new perspective on postmodern intellectuals as he calls them ( for me they're just plain modern, ultramodern ... But then post modern has always appeared to me as a shallow term, for westerners who are trying to convince themselves they have changed since the imperialist and colonisations times ... When a european is really over that, he doesn't need to proclaim it, his acts suffice ) . Anyway, nine intellectuals's works are reviewed on their relationship to the Other and the "orient" more particularly, from Rushdie to Foucauld, all intellectuals thinkings they have got over the orientalist wave and even believing fighting it, when they are clearly swiming in the middle of it. Really interesting book, and it's almost a fast-read. And if you haven't read first Orientalism by E. Said, then go buy both books !

Tuesday, 14 June 2011

A-t-on à ce point là besoin du "e" ?




Je n’ai rien contre les luttes féministes, bien au contraire ( même si le type le plus répandu de féminisme que l’on trouve en France ne me plaît guère ), mais il y a certaines «luttes» qui ne me paraissent rien de plus qu’un délire inutile, par exemple, la féminisation des noms. Je ne supporte par qu’on dise d’une femme écrivain qu’elle soit «écrivaine». Peut-être est-ce ma culture, trop ancrée dans le patriarcat, dont je ne peux me défaire pour ces mots-là, mais pour moi ce genre de détail dessert plus qu’il ne sert les luttes, les vraies, féministes ( égalité de salaires, etc ). C’est comme si on mettait un accent, une insistance sur le fait que cette personne là est femme, avant d’être écrivain, alors que pour un homme on fera plus attention à ce qu’il soit un écrivain, avant d’être un homme. Pourquoi ne pas prendre comme définition standart «écrivaine», y compris pour désigner les hommes écrivains ? Ca c’est parce qu’on est, français, faits d’une culture à tendance patriarcale, c’est notre héritage, quoi qu’il se passe. A quoi cela servirait d’effacer l’histoire ? Le matriarcat est-il tellement plus enviable ? Autre discussion.

Bref, le mot de base est «écrivain», mais son utilisation est devenue neutre, neutre masculin certes, mais neutre depuis qu’il y a aussi des femmes écrivains. Alors pourquoi ne pas continuer dans cette voie là, la voie de la neutralisation des noms ( qui ne seront pas plus neutres si on les féminise ), pour que quand on présente un écrivain, on se foute qu’il soit homme ou femme, on s’occupe tout d’abord de ce qu’il est écrivain avant tout. C’est là pour moi un vrai argument féministe : faire en sorte qu’on ne se préoccupe pas du sexe de la personne qui occupe tel ou tel métier. Le métier a un seul nom, écrivain, et c’est tout. Hommes et femmes peuvent faire ce métier, sans restriction, sans discrimination. Faire un mot différent pour les femmes, n’est-ce pas quelque part en faire une métier différent, et ainsi accentuer quelque chose, la différence ( qui mène malheureusement trop vite à la discrimination dans ce genre de cas ), que le féminisme se tue à dépasser ? Un homme et une femme sont différents, certes, mais un homme qui écrit et une femme qui écrit font exactement la même activité, alors pourquoi utiliser deux mots différents ? Un seul suffit, écrivain. Notre histoire a voulu que ce mot soit masculin, soit, mais c’est de l’histoire, il faut la connaître et l’assumer pour mieux la dépasser, et passer à autre chose.

Monday, 6 June 2011

Quand ça se finit bien


J’ai toujours eu du mal à apprécier les livres ( ou les films ) qui finissent mal ... La vie est souvent trop triste pour qu’on se sente le besoin d’en rajouter dans la fiction, j’ai donc tendance à éviter toute histoire triste, même de très bonne qualité. Seuls deux livres m’ont fait pleurer auxquels j’ai pu mettre 5/5 parce que l’histoire me touchait tellement au plus profond que je ne pouvais émettre aucune critique dessus : «My place» de Sally Morgan ( non traduit en français je crois ), autobiographie d’une enfant aborigène enlevée à sa famille dans son enfance à cause de l’affreuse politique de cette époque ( trop récente à mon goût ) qui enlevait les enfant aborigènes à leurs familles pour les élever dans des pensionnats et les «blanchiser» culturellement ( interdiction de parler leur langue maternelle, etc ). L’autre livre est «les matins de Jénine» ( «the scar of David», en anglais ) de Susan Abulhawa, l’histoire sur trois générations de femmes palestiniennes, et qui retrace en toile de fond les grands événements dramatiques de l’histoire palestiniennes du vingtième siècle.

Deux histoires de colonisations, deux histoires de peuples déracinés, d’exil, je ne sais pas pourquoi je suis touchée par ces sujets, moi qui ne suis ni colonisée ni déracinée ( mon père est certes immigré italien mais je ne sais pas si ça peut compter pour beaucoup ), mais c’est systématiquement ces thèmes qui me percent au plus profond, qui m’obsèdent.

Et donc seulement avec ces thèmes je peux temporairement supporter une histoire triste, mais il faut alors vite que je lise ensuite quelque chose de léger, sinon je passerais ma vie à pleurer.

Tout ça pour dire que j’ai dernièrement lu une histoire que je voyais finir mal, mais qui à mon agréable surprise s’est bien terminée, et donc me donne envie de lire d’autres livres de cette auteur : «the translator» de Leila Aboulela, l’histoire d’une musulmanne qui tombe amoureuse d’un professeur écossais, histoire qui peut paraître à première vue cliché et où l’on s’attend à y retrouver les clichés attachés à ce genre de sujet, mais finalement c’est joliment écrit ( moi qui d’habitude n’aime que très peu les livres écrits par des femmes, sauf exceptions ci-dessus ), clichés évités, et on est contents que ça se termine bien.

Sunday, 29 May 2011

De retour ...

... ou plutôt devrais-je dire de passage ?
De retour en France pour quelques mois inch'Allah, pour 3 ans au pire. Ce n'est pas très grave en soi, mais quand je suis montée dans le deuxième avion, celui qui atterissait à Paris, entendre du français autour de moi m'a assomé. Ce n'est pas que je n'aime pas cette langue, mais je crois bien que je ne l'aime qu'écrite. Parlée elle me paraît toujours surfaite, sauf s'il y a un accent régional prononcé, quelqu'il soit.
Pour les 3 mois à venir, j'ai heureusement une bibliothèque bourrée à craquer qui promet de belles heures de lectures ... en arabe, anglais et italien. On verra si on peut y mettre un peu de français, Bourdieu n'a jamais fait de mal.
Et comme à chaque fois, j'oublie à quel point tout est vert Disney dans ce pays. A côté du vert gris poussiérieux et ancien de la Jordanie, de l'Australie, ce vert brillant et joyeux des arbres de franche comté parait lui aussi surfait, comme les petits pois vendus en boîte. Pourtant c'est beau, mais ça manque bizarrement de réalité.
Que les retours sont durs. Enfin, les transitions.

Friday, 20 May 2011

Vendredi d'ennui



Comme un dimanche français, un vendredi jordanien est ennuyeux. On a beau avoir plein de choses à faire, dont des examens à réviser, des bouqins intéressants à portée de main, du nutella dans le placard, un soleil radieux ( peut être trop, on est obligé de fermer les fenêtres pour garder un peu de fraîcheur ), des infos particulièrement trépidantes : rien de mieux qu’un vendredi pour que les chaînes d’infos du monde arabe se remplissent de suspense : qui va manifester, où, quel nombre, quelle répression, quel nouveau pays va entrer dans le bal des révolutions et des révoltes, quelle nouvelle stupidité va nous sortir tel dirigeant (arabe ou occidental) ? 

Et pourtant c’est un vendredi, jour de congé, de repos, de prière, et d’ennui. Alors on lit des articles sur internet au lieu de réviser, on regarde les infos d’un oeil, toujours les mêmes reportages, les mêmes foules, les mêmes morts, la même injustice, la même politique à deux vitesses de l’occident vis à vis du monde arabe, le même espoir de plus en plus ténu que les populations arabes arriveront un jour à la liberté, à se débarrasser des ingérences étrangères pour de bon. 

Même pour cette année exceptionnelle, tant au niveau personnel qu’au niveau mondial et moyen-oriental, le vendredi finit par être un jour d’ennui, comme un dimanche en France. La seule différence c’est que l’ennui se passe dans une autre langue, et c’est bien pour ça que je préfère encore les vendredi d’ennui que les dimanche d’ennui.

Thursday, 19 May 2011

Visite médicale

J’ai été voir le médecin aujourd’hui, n’en finissant pas d’être malade, et il m’a demandé ce que j’étudiais en France. Arabe et anthropologie. «Anthropologie sociale ?» m’a-t-il demandé ( pour différencier de l’anthropologie physique, distinction généralement faite en anglais - on parlait en anglais ), il paraissait très intéressé, qualifiant cette science de fascinante ... On a malheureusement peu eu le temps de parler, mais le temps pour lui de me dire «tu vois, je suis arabe, mais je n’ai jamais rien compris à la société arabe ... L’anthropologie a certainement beaucoup de choses à dire là dessus», et aussi de me dire la tristesse qu’il ressentait en voyant ce qu’il se passait au Yémen, au Bahrein, en Syrie ... J’aurais bien aimé parler plus, c’est tellement rare de tomber sur des gens intéressés par l’anthropologie, et qui se posent de questions comme je m’en pose.